Here we go

Here we go
Une fiction de plus sur la toile, encore une fiction yaoiste et incestueuse, je cumule le manque d'originalité en basant cette histoire sur les fameux, bien que risibles, jumeaux Kaulitz. Je vous arrête tout de suite, non je ne suis pas fan, ce sont des choses qui arrivent, mais même sans apprécier TH je ne peux nier un certain charisme inspirateur aux leaders de ce groupe. Alors voilà ce que cela donne entre mes mains.

Voilà plus d'un an que cette fiction, Game Over, a été achevée, plus de 9 mois que j'ai abandonné ma seconde fanfic', L'espoir de Stockholm, par manque de temps et de motivation. Et pourtant me revoilà en ces lieux. Je suis tombée sur ce blog ce soir, et j'ai cru mourir de honte en relisant ce torchon. C'est bourré de fautes d'orthographe, c'est humain mais celles-ci sont trop choquantes, c'est maladroit, inconstant, immature... Et j'en passe d'autres et des meilleures.

Par respect pour moi-même et mon égo, et puisque l'idée de base m'attire toujours, je réecris cette fiction à partir d'aujourd'hui. Je ne sais pas combien de temps cette correction me prendra mais je m'y lance, peu importe le retour qu'il en résultera.

Alors oui je croûle sous le taff', les études supérieures ça vous changent la vie, non je n'aime pas TH, oui j'ai complètement lâché l'univers fictif, mais tant pis.

Merci,

Maélia.

Prologue00'[x]
Chapitre 10[x]
Chapitre 20[x]
Chapitre 30[en cours]

Let's play our Game.
Without any rules,
Without any sens,
Just the two us of...

# Gepost op woensdag 09 januari 2008, 08u59

Gewijzigd op zaterdag 24 oktober 2009, 12u17

Prologue

This is how it begins

Du blanc, du blanc à perte de vue. Ce blanc qui m'agresse et que je hais. Le blanc, couleur qui symbolise la pureté soit disant. Et malgré mon visage d'ange, je ne suis pas pur, loin de là. Toujours à chercher le vice, les risques, l'adrénaline, la douleur, le plaisir, les émotions fortes... Les moyens important peu, évidemment. La vie platonique recommandée par la bible ne m'a curieusement jamais tenté. Dieu seul sait, s'il existe un tant soit peu, qu'un peu d'ordre, et de foi m'auraient pourtant été utiles tout au long de ma courte vie.
C'est un sentiment bien étrange que de se sentir constamment sale, indigne... On finit par s'y faire à la longue, après tout aucun de nos gestes ne nous aident à y échapper, mais reste le malaise, persistant...

Reste également le blanc , dans mon cas du moins, prédominant sur ce paysage qui me fait face. Il est vrai que les hopitaux sont rarement des chefs-d'oeuvres architecturaux, l'utile avant l'agréable après tout: de longs et donc inesthétiques batiments, froids et impersonnels. Et blancs. La neige tout aussi éclatante et qui s'impose ces derniers temps dans les moindres recoins de la region n'arrange rien à mon dégoût. J'en sentirai presque la bile me monter aux lèvres.

C'est de la provocation. Tous les éléments se déchaînent contre moi. La neige, le blanc, l'hôpital... C'est instinctif je crois pour ce dernier: on a tous un mauvais présentiment, un mauvais souvenir tenace qui nous empêche de totalement nous détendre en ces lieux. Je ne nie pas que des miracles s'y produisent, je n'en ai simplement jamais été témoin. Non moi je ne connais que la souffrance physique des malades, la douleur morale de leurs proches... et la mort, il faut appeler un chat un chat. Sans appeler la mort.

La mort... C'est très abstrait tout ça. C'est un état, une fin, une formalité, un commencement peut-être? Avec une odeur pareille, ce n'est définitivement pas un allé simple et direct pour le paradis. Et c'est cette odeur, ténue mais bien présente, qui nous reçoit dès nos premiers pas dans les locaux. C'est de là que viennent les sensations d'étouffement, les sueurs froides et inévitablement les envies de fuite: peu importe où, juste loin, loin de cette effervescence, mettre le plus de distance possible entre toi et ce sentiment opressant. Quelque fois la distance n'est pas suffisante, ou tu n'es pas assez rapide, et là tes proches n'ont plus que leurs yeux pour pleurer.

Je crois que j'ai peur de la mort... J'ai peur de ne plus exister, je ne saisis pas complètement cette notion d'absence définitive. Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j'ai toujours voulu être immortel, alors les adultes responsables qui m'entouraient, et m'entourent encore quoique plus éparpillés et moins efficaces, ont eu tôt fait que de m'expliquer que ce n'était pas possible. Mais parfois, quand je suis seul, la nuit, patientant pour un sommeil que je ne connaîtrais pas, quand la peur me tord l'estomac, quand mon souffle s'en coupe, quand mes yeux s'humidifient dans la pénombre, alors oui, l'espoir de ne pas finir comme tous les autres réapparaît.
Au grand jour, et en public en revanche, j'oublie mes faiblesses et mes craintes. Devant les autres je suis fort et en contrôle, je sais, voilà pourquoi je fais ce que je peux pour que, lorsque cette chienne viendra me faucher, on se souvienne de moi.

Je ne veux pas mourir dans l'indifférence, par pitié, que l'on m'épargne cela. Je veux partir sous les pleures, sous les insultes, tant qu'au final tant qu'on ne m'oublie pas...

Le final.
Le final de ma vie, et de la votre.
La mort.
Le néant.
Le noir.
J'ai peur du noir...

Seulement voilà longtemps que ces frayeurs futiles n'ont plus d'impact sur mon comportement. La preuve en est que je les affronte, je les défie, je fonce d'ailleurs droit dans la gueule du loup en ce moment même. Et j'en crêve, la douleur broie mon estomac mais je ne fais pas demi tour. La défaite ne fait pas partie de mon vocabulaire. Alors je laisse la souffrance s'emparer de mon être, entailler superficiellement mon coeur anorexique et boulimique. Et j'attends. J'attends la montée d'adrénaline, le plaisir, l'extase même. Mais au fond de moi, je sais. Cette fois, aujoud'hui, il n'y aura rien d'autre que des larmes. Et pas de retour en arrière.



* Toutes les vidéos, c'est à dire les chansons, sont en rapport avec leur chapitre. Voilà pourquoi j'essaie de trouver les vidéos avec leurs paroles.
** Faisons durer le suspense quant à l'identité du narrateur, voulez-vous?!

# Gepost op woensdag 09 januari 2008, 10u30

Gewijzigd op zondag 25 oktober 2009, 08u55

Chapitre 1

Bloody Hell

Je souris, l'amertume de la situation ne m'ayant pas échappé. Ne m'ayant toujours pas achevé. L'homme que j'aime se trouve dans l'un des nombreux lits blancs que compte cet hôpital, mais je n'ose assimiler cette information. Je ne survivrai pas aux dérives de mon imagination active, si celle-ci se retrouvait lancée sur le sujet.

Je secoue la tête en gardant mon sourire, tout en pénétrant dans le hall d'entrée, sous les regards las de quelques badaux. Chaque pas me rapproche de Lui. Je me répète, mais je l'aime, vraiment. Tellement que je sais pas quoi faire de cet étau de sentiments. Tellement que je me noie dans ces vagues brusques et lunatiques. Paradoxalement, je n'ai aucune envie de le voir. Parce que je sais pourquoi il est ici. A cause de qui. Ou du moins je m'en doute.

J'aimerai me tromper. J'aimerai avoir raison.

Je voudrais avoir tort parce que je connais la schématique: il me sourira doucement, de ce sourire, mon sourire, qui appaise tout mon être, il m'embrassera, sans trop s'attarder, rien q'un simple frôlement de ses lèvres qui me laissera pantelant et desireux de plus, plus de lui, et finalement il m'assurera que ce n'était rien de grave, que je peux le reconduire chez nous, que notre vie reprendra. Notre vie, notre quotidien, nos habitudes...

Qui ne me manquent pas. Que j'exècre. Dont j'ai peur.

Si seulement mes frayeurs s'avéraient être véridiques, alors ce serait fini. Je me prendrai cette gifle monumentale et douloureuse, qui me donnerait le courage d'arrêter. Arrêter cette comédie qui nous détruit tous les deux. Ce Jeu qui nous tue. Petit à petit. Lentement mais sûrement. Mais surtout irrévocablement.

Je n'ai qu'un seul moyen de m'en assurer, je le sais, mais malgré le rythme olympique que tiennent mes réfléxions, mes pas sont lourds, hésitants et lents, terriblement lents. Je serais prêt à tout pour retarder ce moment inévitable à jamais. C'est une frontière, un fil, le moindre coup de vent et je tombe d'un côté comme un équilibriste maladroit. Et je sens, j'ai cette certitude au fond de moi, je sais qu'après aujourd'hui tout va changer. Un pressentiment qui s'insinue dans chaque fibre de mon être, comme du poison, une mort doucereusement longue. Et me voilà devant la porte de la chambre. Sa porte. Sa chambre. Et c'est bien ça le problème. Ca et cet amour opressant. Ca et la peur.

Soudainement, la douleur se réveille dans mon corps anesthésié de surprise. Fulgurante, comme un poignard qui s'abbat inlassablement. Et je me demande un instant si ce sort n'est pas plus préférable que celui qui m'attend au delà de cette fichue porte. Je pourrais presque sentir la froideur du métal froid de la lame caresser doucement, presque tendrement ma peau avant de mordre dans ma chair. Ces gestes amoureux, destructeurs, se sont les siens. Ce sont les nôtres. Et j'hésite, parce que je ne suis pas sûr de l'accueil qui m'est reservé dans cette pièce.

Je ne suis sûr de rien depuis 11h ce matin, heure à laquelle l'hospital, ou du moins une voix sans émotion, presque ennuyée, m'a appelé pour m'informer que mon petit ami venait de sortir de chirurgie, qu'il était désormais en salle de réveil, mais que ses jours n'étaient plus en danger. Parce qu'ils l'avaient été?

Forcément une nouvelle pareil ne laisse pas indifférent. Forcément l'inquiétude me tord l'estomac. Mais il va s'en sortir, ils me l'ont dit. Pourtant, il n'est pas passé loin de... Et je ne sais pas pourquoi. Non, je ne sais pas comment. Enfin, je ne sais pas.

Je n'ai jamais été d'un naturel courageux, plutôt du genre à fuir les emmerdes, fuir mes responsabilités. C'est tout simplement plus simple, moins risqué. Alors je reste planté là, devant cette porte, celle des enfers j'en suis sûr. Et je me demande si je n'aurai pas mieux fait de fuir. Pour tout oublier. Repartir à zéro. Une renaissance.
Fuir ou subir. Lâcheté ou lassitude? L'aimer quoiqu'il en soit, je le sais bien.

Et soudainement je réalise, les yeux écarquillés, la justesse de ma réflexion: il me faut faire un choix. Rapidement. Définitif. Qui influencera peut-être bien plus que je ne le crois, ma vie future. Mon futur, avec ou sans lui?

Je dois fuir. Je n'ai pas d'autre solution, je ne saurai pas résoudre ses problèmes, j'en ai déja assez des miens. Et alors que je fais demi-tour, poussé par le stress et la peur, une main douce se pose doucement sur mon épaule. Une main que je connais bien. Qui a sêché mes larmes plus d'une fois, qui m'a toujours été tendue. Ma mère. Et celle de mon frère jumeau. Celle de mon amant.

C'st un autre détail qui complique l'équation déja ardue. C'est la clé du problème véritablement. L'homosexualité est devenue presque banale de nos jours, on ne s'en cache presque plus. Mais qui avouerait à qui que ce soit sa relation homosexuelle incestueuse bien qu'amoureuse? Personne, pas même nous. Parce que nous ne sommes pas assez forts. Peut-être ne nous aimons-nous pas assez. Non, je crois seulement qu'aucune relation ne peut traverser autant de complications, et survivre à autant de jugements.

Je sers dans mes bras la femme qui nous a vu naître, machinalement, et tente de calmer ses sanglots. Sans un mot, je laisse ses larmes couler à flot, quand les miennes semblent être portées désertrices, et enfouis ma tête dans le cou de ma mère. J'aimerai qu'elle m'explique, que je n'aie pas à affronter cela moi-même, mais je sais qu'il va falloir que je m'y rende par moi même, elle même ne semblant pas être en état de me répondre.

J'ai peur. De me prendre toute notre connerie à la tête. De regretter.
Je l'aime putain, c'est évident, au point où j'en suis c'est un savoir populaire. Mais je n'y arrive plus.
Je sais qu'il souffre, mais c'est tellement courant depuis quelque temps que je ne sens plus les degrés de cette souffrance. Notre nouvelle relation nous a pourrie, nous nous sommes éloignés l'un de l'autre, à tel point que notre complicité, si forte autrefois, en a bavée. Il fut un temps où je parvenais à ressentir, succinctement, son bonheur, ses doutes et ses peines, maintenant nous ne voyons plus que notre propre malheur, qui nous étouffe.

Je sens que je perds doucement l'emprise que j'avais sur mes sentiments, et je les sens se battrent en moi , prête à tout ravager. Je ne sais pas comment réagir sous cette avalanche. Mes lèvres s'entr'ouvrent dans un appel à l'aide muet. Mais non, je ne me laisserai pas aller, pas quand je suis déja parvenu aussi loin, pas ici. Et pourtant à l'intérieur, la guerre civile gronde toujours.

Colère.
Tristesse.
Haine.
Amour.
Peur.
Espoir.

Et tant d'autres que je ne saurai reconnaître et nommer.
Je pourrais si facilement céder sous cette puissance malsaine.

Je me détache finalement de ma mère, ne serait-ce que pour détourner mon attention et la regarde. Je n'aime pas ce que je vois; son teint est si pâle, ses yeux si pétillants d'habitude sont rouges, éteints, et cernés. Son maquillage a coulé, laissant des traces sur ses joues fripées, mais néanmoins douces. Je m'aperçois que sa si belle chevelure auburn commence à s'éclaircir, à blanchir: Ma mère vieillit.

C'est comme une révélation, c'est stupide au final, puisque tout le monde vieillit, mais aujourd'hui ça me saute aux yeux. J'ai toujours eu cette certitude qu'elle serait toujours là, que quoiqu'il arrive, que le temps coulait sur elle mais ne l'atteignait jamais. Que rien ne pourrait la détruire. C'était un acquis que je n'avais encore jamais remis en question, mais que je me devais faire face aujourd'hui.
J'aurais du me souvenir qu'elle était humaine... Et je rage, je rage de savoir qu'elle n'est pas si forte, qu'elle n'est pas inébranlable et qu'elle n'a plus de solution à tous les problèmes. Que je ne suis plus l'enfant facile à satisfaire, à consoler, à aimer, à aider. Cette sensation m'insuporte et en un instant je me vois la repousser brutalement.

Les quelques pas rageux que je fais me mènent devant La porte.
Tant pis.
Tout sauf la vue de cette mère si faible.
Tout sauf une telle désillusion...
Tout, même lui.
Me semble-t-il...


# Gepost op donderdag 10 januari 2008, 06u41

Gewijzigd op maandag 26 oktober 2009, 18u53

Chapitre 2

Who am I

Agir pour ne pas regretter, n'est-ce pas? Je comprends cet instinct qui nous pousse à éviter une douleur de longue durée, après tout je connais les dommages que peuvent causer les regrets, les remords. Mais je fonce toujours droit dedans. Je ne parviens pas à les éviter, comme un aimant, leur champ magnétique m'attire inévitablement. Je n'aurais pas du ouvrir cette porte. Nous n'aurions pas dû commencer cette relation. Sans ça, je n'aurais jamais vu mon petit frère dans un tel état. Je n'aurai jamais connu cette douleur sans précédent. Je n'aurai jamais connu ce début d'agonie. Je serai toujours maintenu en équilibre précaire. A attendre. Désormais je n'attends plus, je subis les conséquences de mon irresponsabilité.

Il est là, à quelques mètres de moi, et malgré toute ma douleur et ma peur, je ne fuis pas. Mes jambes sont clouées sur place, trop lourdes pour que je ne puisse seulement envisager de bouger. Je suis hypnotisé par le tableau que m'offre cet ange, dormant en position f½tale dans le lit. Ses longs cheveux noirs s'éparpillent sur son oreiller et contrastent avec sa blancheur. Ou contrastent avec la chambre tout simplement, cette horrible chambre blanche. Son visage est paisible et toujours aussi beau, bien que cadavérique. C'en est presque effrayant, cette peau si blanche. Comme si le sang avait définitivement quitter son corps. Comme s'il s'était entièrement écoulé hors de son corps. Comme si je l'avais définitivement perdu. Malgré moi je penche sans un bruit et me rassure en entendant le souffle lourd qui s'échappe de sa bouche. Tout ça à cause du blanc.

Peu importe, je reprends mon inspection. Et je vais de surprise en surprise; j'ai l'impression de redécouvrir ce corps que je connais par coeur. Aucun de nous deux n'a jamais été bien épais, mais lui, aujourd'hui, est juste maigre. Trop pour que ce soit naturel. Trop pour mon propre bien et le sien en passant. Trop pour moi et ma culpabilité; je l'ai vu nu des centaines de fois ces temps-ci, pourtant je n'y avais jamais fait attention.
Quel monstre suis-je ? Comment ai-je fait pour ne pas m'inquiéter de ces côtes trop saillantes?

Sa poitrine se soulève bruyamment au rythme de sa respiration, et je m'empresse de caler mon souffle au sien. Parce qu'il fut un temps où nous n'étions qu'un, parce que on a poussé cet amour jusqu'au bord du précipice, parce qu'il a été mien plus qu'il ne l'aurait dû si l'on en croit la morale, la religion, parce qu'il est mon oxygène, celui qui me donne les raisons de respirer, aussi niais que ceci puisse paraître je n'ai jamais marché autrement que par lui.

Mes yeux descendent le long de son corps, se bloquent, s'agrandissent et finissent par se remplir de larmes à la vision de ses poignets.

Pardonne-moi...
Et surtout épargne moi. Laisse moi oublier ce que je vois.


Je n'arrive pas à détourner mes yeux de lui, et l'image de ses avant-bras bandés de tissus blancs, rougis par ce que je suppose être son sang, notre sang, me fascine, me torture. M'obsède. Je ferme les yeux brusquement, comme un enfant. Je ne veux plus rien voir. Je veux me laisser envelopper par le noir réconfortant. Chaleureux et rassurant. Mais non, rien à faire pour que cette triste scène m'oublie. Pour que je puisse l'oublier. Mais qu'elle cesse de me hanter! Qu'elle me donne le courage de tout plaquer! Parce qu'au final, la voila ma gifle, celle que j'attendais autant que je redoutais. Elle est cuisante. Je ne m'attendais définitivement pas à une telle douleur. Une douleur insoutenable, qui me broie le coeur.

Le soulagement m'envahit quand je réalise que je n'aurais pas tout à affronter dès aujourd'hui puisqu'il dort. Je crois... Je crois que je n'aurai pas eu la force de croiser son regard, de tout admettre. La culpabilité s'enroule autour de mon corps, mais elle n'a toujours pas atteint son apogée, je le sens.

Cette relation des plus malsaine que nous entretenions, que nous aimions tant... Je la hais aujourd'hui. Nous l'avions instaurée tacitement, et elle nous faisait ressentir tant de choses. Elle nous poussait dans nos deniers retranchements. Elle me faisait sentir vivant. L'adrénaline, la peur de se faire surprendre, le stress, le sexe, sauvage, dur, violent, frustrant. Les meilleures des sensations fortes. Et je sais que lui aussi l'a ressentie, cette dépendance, cette sensation de liberté, cette si douce violence, ce bonheur si cruel.On aimait ça. Et sans que les enjeux n'aient été déterminés, cette douleur on la supportait l'un pour l'autre, puisque c'était le prix de notre union. Alors peut-être que nous étions masochiste pour accepter cela, mais nous n'étions pas suicidaires. Ca n'a jamais fait parti du deal. Alors... je ne comprends pas.

On frôlait les limites, comme on la toujours fait, on les titillait, les narguait, mais à aucun moment il n'a été question de les franchir. Jamais. On aurait pas supporter la séparation, n'est-ce pas ? Ce n'était pas dans le contrat. Ce n'était pas le Jeu, notre Jeu, notre drogue. A aucun moment je ne l'ai vu,dépassé par les événements, mais maintenant ça me paraît tellement évident. Il a toujours été fragile, du moins plus que moi. Il est plus jeune que moi, c''était donc à moi de veiller sur lui, et non l'inverse.

J'ai oublié qu'avant d'être un amant, j'étais un frère.
L'amant le faisait souffrir, mais le frère aurait du le soutenir.

Je m'en veux tellement petit frère. De ne pas avoir su panser tes blessures. D'avoir voulu en profiter avant de redescendre sur terre. Je volais trop haut mon ange, je n'ai pas vu tes larmes. Je t'ai volé tes ailes. Avant moi, tu étais heureux, n'est-ce pas? Lorsque j'étais ton tout, mais pas ton tien.
Les hommes sont égoïstes, c'est bien connu. Pardonne-moi de n'être qu'un homme. De ne pas avoir su être aussi pur et parfait que toi. Pas aussi irréel.

Je t'avais promis le paradis, tu t'es retrouvé en enfer par ma faute je m'en rend compte. Je t'ai sali pour notre Jeu. Pour mon propre bonheur, tu as dû pourrir ton âme d'enfant. Je me hais pour toutes ces larmes coulées, pour tout ce que tu as fait pour moi...

Tu ne me détesteras pas, tu n'as jamais réussi à m'en vouloir véritablement, pourtant aujourd'hui je le voudrais tellement. Que tu me haïsses jusqu'a ce que j'en crève. Que je souffre autant que toi tu as souffert.
Parce que pour oser ce que tu as fait, il faut en avoir enduré. C'est à peine si tu m'en voudras quelques jours...
Mais qu'ai-je fais? Que t'ai-je fait?

Une lame sur ton avant-bras. Le sang qui coule. La douleur, si ténue face à tes problèmes. La solution pour t'en sortir? C'est tout ce que tu as trouvé? Le suicide? Ou du moins une tentative... Ils pensent tous connaître la vérité, après tout il n'y a aucun doute, tu as tenté de mettre fin à tes jours. Trop de stress pensent-ils, trop de pression... Pourtant c'est moi qui t'ai planté ce couteau dans le coeur, qui l'y ai enfoncé jusqu'à la garde, n'est-ce pas? Dis-le leur, qu'ils sachent enfin. Dis le moi, j'ai besoin de savoir. Ne me mens pas. Crache le moi à la gueule, hurle le moi. Mais par pitié, ne me laisse pas dans le doute...


On m'a toujours dit que mettre fin à ces jours était d'une lâcheté rare. Que les gens qui s'y essayaient ne méritaient pas la tristesse de leurs proches parce qu'ils s'octroyaient le droit de mort, alors que certains meurent sans rien n'avoir demandé, sans l'avoir recherché, en se battant dans la douleur. Certains trouvent la mort du jour au lendemain sans préavis, et eux... decident de partir sans prendre en compte les conséquences que leurs actes auront sur ceux qui les aimaient.

Personnellement, je n'ai jamais vraiment eu d'avis précis sur la question, après tout le suicide ne me concernait pas, de près tout du moins. « Spring nicht » n'était qu'une chanson au thème commercial que les producteurs nous avaient mis entre les mains. Maintenant que j'y réfléchis je réalise que je n'avais pas compris, comment certains pouvaient avoir le courage de se tuer, mais pas celui d'affronter leur propre vie? Que pouvaient-ils fuir si radicalement? Ca paraissait si illogique... Maintenant je me dis que j'aurai dû essayer, j'aurai pu essayer de comprendre, de savoir ce qui peut causer ce genre de pulsions. Mais je ne l'ai pas fait, je regrette... Et aujourd'hui, je pleure comme un con à son chevet, parce que je n'ai pas eu les couilles d'un homme, un vrai.

Les larmes coulent à flots sur mes joues. En temps normal, aucune d'elles n'auraient eu la chance de voir le jour, mais aujourd'hui ma fierté n'est plus. Il a du la charcuter en même temps que ses poignets. Il a fallut que je le vois dans cet état pour que cette putain de fierté me libère, c'est con, quelque jours plus tôt et lui et moi fileriont le parfait amour.
Des images de nous s'imposent à moi. Je nous imagine un instant heureux, légers. Puis je me souviens de ce que nous avons été. C'est laid, tous ces souvenirs... Je voudrais les chasser et ne plus y penser, les oublier ?
Je ne sais pas, je ne sais plus.

Je sens mon rythme cardiaque augmenter, mon sang pulser dans mes veines, une bouffée d'angoisse pure monter en moi. Je suffoque, pas assez d'air... Me voilà à genoux au pied du lit de mon frère, les mains à la gorge... Je me force à me calmer, et entreprends quelques exercices de respiration jusqu'à ce que mon souffle se régule enfin et qu'il ne brise plus le silence mortel de la chambre. Ces exercices même qu'il pratiquait avant chaque concert et qui avaient donné naissance à plusieurs fous rires chez Georg et moi. Aujourd'hui ça me paraît dingue. Automatiquement, sans réfléchir au paradoxe de mon geste, je sors mon paquet de Philip Morris de ma veste. Mes gestes sont précis instinctifs et en quelques seconde, la fenêtre de la chambre est ouverte, ma clope est allumée et coincée sur le bout de mes lèvres.

La première taffe me transporte. C'est toujours la meilleure. D'habitude. Mais aujourd'hui elle m'étouffe. Aujourd'hui le goùt sur mes lèvres est amer. Cette garce, cette valeure pourtant sûre n'est même pas foutue de me faire plaisir. A l'évidence, aujourd'hui toutes mes certitudes me lâchent. Ma mère, le Jeu, mes cigarettes...

Et si nos frères nous lâchent?
Et si la personne à laquelle je tiens le plus au monde se tire du jour au lendemain? Se tire une balle? Que se passe-t-il dans ce cas?

Moi sans lui ça n'a pas de sens. C'est Bill & Tom, Tom & Bill, il n'y a pas de Bill tout seul, ou de Tom solitaire. Ce n'est pas concevable, ça n'existe pas. C'est comme Tom & Jerry, Tom & Hanks, Dom & Tom... A croire que tous les Tom du monde sont dépendants. Qu'ils n'existent que par et pour leur moitié. On est prédestinés alors? C'était prévu dès ma naissance que je souffrirai le martyre?

J'aurais bien aimer m'appeler Dankan. C'est hors du commun, ça ne s'oublie pas, c'est original. Dankan Kaulitz, célèbre guitariste du groupe non moins célèbre Tokio Hotel, frère indigne qui a pousser sa seule raison de vivre dans le vide. Dankan Kaulitz meutrier de son état. Dankan Kaulitz, l'homme sans morale. Dankan Kaulitz adepte de l'inceste.
Dans ces conditions, qui ne me jalouserait pas?

# Gepost op donderdag 17 januari 2008, 16u20

Gewijzigd op zaterdag 24 oktober 2009, 17u58

Interlude

Je t'ai aimé.

C'est terrible de te dire une chose pareille après tout ce temps, j'ai tellement honte de

prononcer ces mots pour la première fois au passé, quand tout est fini. Ces quelques syllabes

te blessent? Elles me broient l'estomac, elles pèsent sur ma conscience... et ramènent cet

arrière goût amer d'inachevé.


Mais oui, je t'ai aimé. Tellement que ça n'en avait plus de sens. C'était mon seul objectif, ma

seule certitude, ma seule raison de continuer. Je ne savais plus vivre autrement qu'en t'aimant.

Je ne savais plus que t'aimer. Peu importait le reste, puisque tu étais là, dans mes bras, que tes
lèvres étaient posées contre les miennes, ton corps étroitement serré contre le mien.


J'ai t'ai tellement aimé que j'en ai explosé. Ecoeuré, aujourd'hui je ne sais plus comment

retrouver ce que l'on avait. Les souvenirs sont là, je les goûterai presque du bout de la langue...
mais ces sensations me sont à jamais fermées désormais. Je ne sais même pas si je les

regrette, pour dire la vérité.


Et je crois que cette incertitude, ce vide qu'a évidemment laissé notre histoire en moi, me bouffe
tout autant que Nous, alors que je n'étais pas encore perdu. C'est un cercle vicieux, je ne

semble jamais pouvoir te sortir de ma tête, même lorsque nous en avons tous les deux

violemment besoin.
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# Gepost op donderdag 05 november 2009, 17u56